La Tunisie se situe en tête des pays Africains ayant les meilleures données quantitatives sur l’état de santé de la population et les problèmes sanitaires.En effet, les statistiques indiquent que l’espérance de vie d’un tunisien est de 74 ans en moyenne grâce aux progrès médicaux et à l’amélioration de l’équité de soins. Pour y voir plus clair, nous allons faire un tour d’horizon sur le secteur de santé tunisien et les missions principales et secondaires d’un technicien en anesthésie en réanimation dans cet article.
Le ministère de santé gère le secteur de santé tunisien. La Trésorerie de la République tunisienne finance ce secteur. L’accès aux soins de santé de base de la population est presque généralisé même si dans les régions rurales, l’accès est limité.Le système de santé tunisien est composé des établissements hospitaliers (hôpitaux, composante parapublique, cliniques privés, médecine libérale) et la caisse nationale d’assurance-maladie. Ce dernier assure l’assurance maladie. Toute la population doit être couverte par l’assurance.Le pays compte au total 2000 centres de soins de base, 89 hôpitaux et une centaine de cliniques. Les hôpitaux et services techniques dispensent généralement des services d’urgences 24 h/24 et 7 j/7. L’Etat finance les hôpitaux et cliniques publics. Les hôpitaux et cliniques privés, sont quant à eux, financés par un groupe privé ou une association. Ces structures privées sont largement développées en termes d’équipements, de capacité d’accueil et de staff. On peut y trouver la spécialité chirurgicale plastique ou esthétique, la thalassothérapie, les activités utilisant les stations thermales. Sans oublier les dentistes, les opticiens et autres spécialistes.
Le secteur de santé tunisien englobe aussi le secteur pharmaceutique qui est supervisé également par le ministère de santé. Ce secteur fait intervenir d‘autres acteurs comme la pharmacie centrale de Tunisie, la Direction de la pharmacie et du médicament, l’institut pasteur, l’Agence nationale de contrôle sanitaire et environnementale etc. La pharmacie centrale de Tunisie prend en charge la distribution des médicaments avec le réseau de grossistes dans toutes les régions du pays.
L’évaluation de la qualité santé repose sur la Haute Autorité de Santé (H.A.S). Cette institution évalue l’intérêt médical des médicaments, des actes professionnels et des dispositifs médicaux et l’amélioration de la qualité des soins.
On peut estimer l’amélioration de la santé de la Tunisie par la baisse du taux de mortalité, la hausse de vieillissement de la population et la chute d’incidence de maladies contagieuses ou transmissibles. Le pays enregistre aussi une baisse de mortalité infantile.Cela est dû à la politique de santé répondant aux normes médicales en Europe comme l’introduction de la sécurité sociale, et d’autres améliorations sanitaires. Cependant, le pays devra faire toujours face au tabagisme, aux risques des relations sexuelles non protégées des jeunes et au chômage de la population.La Tunisie est aussi confrontée à d’autres problèmes comme l’excédent des professionnels de santé, la dégradation des infrastructures publics, la corruption dans les hôpitaux, la pénurie des médicaments.
Pour redresser la situation, le gouvernement a instauré un plan 2016-2020 sur le renforcement du secteur public, la priorisation de la prévention, le pari de l’innovation, la mise en place d’un service territorial et la mise en place d’une nouvelle gouvernance.
Concernant la formation de professionnels de santé tunisiens, la faculté de médecine accepte souvent les bacheliers figurant dans les 1000 premiers à l’échelle nationale. On dénombre 4 facultés de médecine dans le pays (la faculté de médecine de Monastir, la faculté de médecine de Sfax, la faculté de médecine de Sousse, la faculté de médecine de Tunis), une faculté de médecine dentaire et une faculté de pharmacie. Ces facultés sont complétées par une dizaine d’écoles et d’institutions supérieures et une vingtaine d’écoles professionnelles de la santé publique.
Voilà pour la vue globale de l’état du secteur de santé tunisien, mais ce secteur a besoin de personnels qualifiés comme les médecins, les infirmiers, les aides-soignants, les assistants médicaux, les techniciens en anesthésie et réanimation etc.
Le secteur de santé est un grand vivier d’emplois. Dans un marché concurrentiel, beaucoup de postes sont à pourvoir dans les hôpitaux et cliniques. Le poste de technicien en anesthésie et réanimation figure parmi ces postes. Cet agent prend en charge la sécurité du malade pendant l’administration de son anesthésie locale ou générale à l’hôpital ou lors d’une intervention d’urgence sur un lieudu sinistre. En tant qu’infirmier anesthésiste, ce professionnel de santé accompagne les patients avant et après l’intervention chirurgicale. Il fait la mise à jour des dossiers médicaux du patient, accueille ce dernier et effectue les examens et soins spécifiques nécessaires ainsi que les entretiens avant l’opération. Il aura aussi à assurer le bon fonctionnement des équipements médicaux comme les respirateurs…
Ses tâches peuvent être réparties en 3 phases distinctes :
Pour bien mener ces opérations, cet agent doit avoir certaines qualités comme la réactivité dans les situations urgentes, le sang-froid et l’empathie. Cette dernière qualité est importante car un infirmier doit savoir se mettre à la place du patient et appréhender ses craintes de l’opération pour pouvoir l’assurer. La disponibilité, l’attention, le sens du contact et le tact sont également requis car c’est lui qui informe la famille du patient lorsque l’opération et terminée. Puis qu’il doit aussi collaborer avec l’équipe chirurgicale, on attend de lui d’autres qualités comme le bon sens relationnel, la capacité de prendre du recul.
Concernant le parcours à suivre pour devenir anesthésie-réanimateur, il est un peu long, 11 ans d’études après le bac S. Il lui faut d‘abord commencer par la première année commune des études de santé (PACES), puis faire une formation théorique et des stages en hôpitaux pendant la 2ème et 3ème année. Après la 6ème année, il passe les épreuves classantes nationales (ECN) à l’issue desquelles il fera son internat qui dure 5 ans. A la fin de ces longues années, il peut décrocher un DES anesthésie-réanimation ou un DESC réanimation médicale. Dû à la longueur du parcours pour exercer ce métier, le nombre d’anesthésie-réanimateur est en déficit. Les spécialistes dans cette branche de médecine sont très recherchés et les débouchés sont nombreux. Ce professionnel peut d’ailleurs travailler dans un hôpital, en clinique ou dans tous les autres services effectuant les interventions sous anesthésie. Les médecins ayant cette spécialité sont aussi fortement recherchés par les associations humanitaires et les hôpitaux pendant les vagues du coronavirus.